Air Energy: un business model qui paraît rentable
Publié par La rédaction le 3 décembre 2007
Force est de reconnaître que notre pays est encore à la traîne en matière d’énergie éolienne, même si ce retard par rapport à d’autres pays européens est en voie d’être comblé. Fin 2006, la Belgique comptait seulement 193 mégawatts (MW) de puissance éolienne. Or, rien qu’en Wallonie, la capacité installée devrait passer de 49 MW à fin 2005 à 387 MW en 2012. Le marché est donc important et prometteur pour les acteurs.
Parmi ceux-ci, on trouve Air Energy cotée sur le segment Alternext de Nyse Euronext Brussels. Cette jeune société attire l’attention car, à ce jour, elle est la seule rentable dans ce créneau. Il faut dire qu’elle se développe sur la base d’un business model qui libère des cash-flows récurrents. Un élément important lorsqu’on sait qu’un projet modeste de 8 MW nécessitent un investissement supérieur à 10 millions d’€. Il est donc nécessaire pour l’entreprise d’obtenir des prêts importants dans la mesure où ses fonds propres sont limités. Ainsi, les parcs sont financés entre 95% et 99% par des dettes (bancaire ou emprunts subordonnés) et entre 1 et 5 % par les fonds propres.
Des marges impressionnantes
Air Energy travaille sur la base de contrats long terme (au moins 10 ans) à taux d’intérêt fixes. Même pour les certificats verts de la Région wallonne (octroyés aux producteurs qui fournissent de l’énergie alternative), le groupe a opté pour des contrats entre 5 et 10 ans, avec réduction limitée de manière à assurer la rentabilité.
Ce business model qui régule ses coûts a permis à Air Energy d’être rentable dès le premier parc. La société, qui est en bénéfice depuis 2004, dégage ainsi une marge d’EBITDA (rapport entre cash-flow opérationnel et chiffre d’affaires) de 80 % et une marge d’EBIT (rapport entre bénéfice opérationel et chiffre d’affaires) de 50 % !
Actuellement, Air Energy dispose de trois parcs opérationnels (dont 2 en partenariat avec Electrabel). Un 4e parc devrait être opérationnel mi-2008 tandis qu’un 5e vient d’être lancé en joint-venture avec la CNP d’Albert Frère. Et le groupe a reçu le permis pour ouvrir un 6e parc. Parallèlement, Air Energy lorgne vers la Flandre et l’international. A l’horizon 2012, la société prévoit d’arriver à une capacité de 200 MW.
Récemment, Ai Ernergy a revu à la hausse ses prévisions de résultats pour 2007 : elle table sur un bénéfice net de 2,7 millions d’€ (contre 2 millions prévus initialement) pour un chiffre d’affaires de 8 millions (qui était la cible pour 2008).
Dès lors, dans un secteur porteur où tant reste à faire et où les perspectives sont importantes, Air Energy est l’un des seuls acteurs à afficher une rentabilité. Une longueur d’avance qui doit être souligné.
Finalement, la seule incertitude, c’est l’ampleur avec laquelle soufflera le vent. Au vu de ces derniers jours, le dieu Eole ne semble pas devoir délaisser Air Energy.
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