Rééquilibrer régulièrement son portefeuille (1)
Publié par La rédaction le 26 décembre 2007
Ce site qui concentre son attention sur les petites capitalisations espère intéresser principalement, outre les dirigeants de ces sociétés, les investisseurs particuliers qui font le gros des intervenants sur ces marchés échappant le plus souvent aux “radars” des institutionnels. Il nous paraît dès lors approprié, à titre expérimental, d’instituer une rubrique consacrée aux modes de gestion d’un petit portefeuille en “bon père de famille”.
Pour commencer en douceur, à un moment de l’année où l’on se demande souvent que faire au début de la prochaine, souvenons-nous:
- que la performance d’un portefeuille dépend principalement de la répartition des actifs en son sein (asset allocation);
- que cette répartition donne la mesure du risque qu’il représente (être investi à 100% en actions est en principe plus rémunérateur sur le long terme que les bons d’Etat et carnets d’épargne, mais expose à des revers qui peuvent être sévères à court et moyen terme);
- et qu’il convient donc de maîtriser le niveau de risque de son portefeuille en rééquilibrant régulièrement celui-ci, au gré des fluctuations du marché.
Faisons donc l’hypothèse toute simple d’un quidam qui, début 2007, aurait décidé de constituer un portefeuille modérément “dynamique” de 60% d’actions et de 40% d’obligations. Avec un capital de départ de € 100.000 et pour ne pas se compliquer la vie, il a donc acheté pour € 60.000 d’un “tracker” bien diversifié en actions européennes et coté à Paris (par exemple: SPDR Euro - SPO), et pour € 40.000 d’un autre tracker représentatif d’obligations d’Etat européennes, à Paris également (p.ex.: Lyxor MTS Global - MTX).
Il y a un an, son portefeuille était donc composé ainsi, sur base des cours d’ouverture du 2 janvier 2006:
- 322 SPO à 186,20 = € 59.956,40;
- 353 MTX à 113,20 = € 39.959,60;
- Cash (solde non utilisé) = € 84;
- TOTAL = € 100.000,-
Aux cours de clôture du 20 décembre, la situation était devenue la suivante:
- 322 SPO à 198,25 (+ 6,47%) = € 63.836,50;
- 353 MTX à 114,94 (+1,54%)= € 40.573,82
- Cash (solde non utilisé) = € 84
- TOTAL = € 104.494,32 (+ 4,49%).
Ce n’est certes pas Byzance… La faible performance des obligations, en raison de la hausse des taux, a tiré la performance vers le bas, mais comme elle l’aurait “lissée” vers le haut si les actions avaient eu un rendement moindre que celui des obligations, ou négatif: la composante à revenu fixe a pour fonction de faire baisser le niveau de risque, au prix de moindres espérances.
Ce qui nous intéresse toutefois surtout ici, c’est que la composition du portefeuille est maintenant légèrement modifiée. Les actions (€ 63.836,50) y représentent désormais 61,09% de l’ensemble; et les obligations (avec le cash): 38,91%. Ce portefeuille est donc légèrement plus risqué qu’il ne l’était au départ. L’investisseur pourrait songer à le rééquilibrer même si, dans ce cas précis, il n’y a peut-être pas d’urgence particulière à le faire (et même s’il existe d’autres options de gestion, cherchant à profiter de la tendance des marchés sans avoir à la prévoir, et dont l’application conduit à des décisions inverses de celles que nous proposons ici; on évoquera ces systèmes plus loin).
Pour retrouver son niveau de risque initial en effet, il lui suffirait de:
- Vendre 6 SPO à 198,25 et n’en conserver que 316 (€ 62.647);
- Acheter 10 MTX à 114,94 pour monter à 363 (€ 41.723.22);
- Et réserver € 124,10 en cash;
- Soit un TOTAL = € 104.494.32,-
Dans le cas de variations très limitées, il se peut fort bien que les frais de transaction annulent tout ou partie de l’intérêt de semblable opération de rééquilibrage, pourtant fondée en son principe. Mais il y a surtout le timing de l’opération présentée ici qui peut faire problème. Nous verrons dans le prochain article de cette série comment tenter d’y remédier.
(à suivre)