Quelle semaine! Vous avez sûrement suivi ça dans les journaux ou sur la Toile. N’insistons donc pas. Restons fidèles à notre programme et à notre ligne éditoriale et voyons ce qu’il en est du côté des plus petites capitalisations… fort avares ces derniers jours en nouvelles communications, ce que vous aurez sans doute noté si vous suivez micro-caps.be, peu bavard cette semaine.
Elles ont bien sûr souffert, comme tout le monde. Sur le Marché Libre, cinq d’entre elles - sur 23, depuis les entrées très discrètes de RV Assurances (RVA) et Fixinox (FIX) - ont établi un nouveau plus bas sur 52 semaines: Arpadis Group (ARPA), MCLS, Oxbridge (OXB), Pharco (PHAR) et Sodiplan (SODI).
Cette dernière émettait mercredi, dans le seul journal L’Echo, une sorte de profit warning en levant un tout petit coin de voile sur ses médiocres résultats 2007. A l’heure où ces lignes sont écrites, aucun communiqué émanant de la société ne vient toutefois confirmer ou préciser, sur son site ou sur celui d’Euronext, les propos un peu sybillins de son CEO.
Le marché n’en a retenu que ce qui était limpide: un chiffre d’affaires manquant sa cible de 40% (2,45 mos au lieu de 4,1 prévus) et une perte nette de 100 à 120 k€ au lieu d’un bénéfice espéré de 300 k€.
Dans le contexte, cela seul suffisait peut-être, la mauvaise surprise aidant, à expliquer la perte, pour l’action, d’un quart de sa valeur sur la séance de vendredi (€ 2,92). Mais s’ils disposaient d’un minimum de culture financière, les investisseurs ont aussi pu s’étonner d’apprendre, par L’Echo, que la perte s’explique notamment, aux yeux du CEO, par les investissements (1,2 mo) réalisés l’année passée. Des dépenses d’investissement passées en résultats? Bizarre, ou alors très innovant… A moins bien sûr qu’il ne s’agissait que d’une maladroite façon de parler de l’importante augmentation intervenue dans les effectifs de la société, et par voie de conséquence dans sers coûts salariaux.
Mais là, une question vient immédiatement à l’esprit: fin 2006, Sodiplan affirmait avoir déjà engrangé pour 2,5 mos de commandes; et fait maintenant état, pour tout 2007, d’un chiffre d’affaires d’un même montant. Les commerciaux de la firme auraient-ils dormi sur leurs lauriers, l’année passée? Non. Le carnet de commandes est bien fourni paraît-il. Mais à quelle hauteur, on ne le dit pas. Comme on ne nous rassure pas, non plus, sur la structure du bilan à fin 2007. Parce que, quand même, des investissements importants, ça ne passe pas en résultats mais ça doit se financer. Par l’emprunt sans doute. Mais avec quelles conséquences sur le ratio d’endettement?
Et qu’en est-il aujourd’hui de la trésorerie dans cette activité gourmande en fonds de roulement en raison de la sage lenteur avec laquelle les pouvoirs publics, les principaux clients, honorent leurs factures?
Voilà, nous ne voulons pas charger la barque et jeter l’ombre d’une suspicion sur la santé d’une société parfaitement respectable. Mais simplement attirer une fois de plus l’attention sur les dangers d’une information obscure, lacunaire et limitée à quelques confidences échangées avec des journalistes.
Dans un autre registre et à un autre niveau, nous avions déjà regretté, la semaine dernière, la discrétion de Proximedia (PROX) sur les conditions dans lesquelles a été réalisée l’acquisition de Globule Bleu. Le titre est brutalement retombé, jeudi, à 10.30 (-15,9%), niveau où il y a encore, à cette heure, un ordre d’achat pour 2.490 titres, la meilleure limite à la vente étant, pour le moment à 12.